Quand un free surfeur multi-titré percute le sable à pleine vitesse, toute la communauté des Landes retient son souffle. Le 14 janvier 2025, Vincent Duvignac se fracture les cervicales sur un banc au nord de Vielle-Saint-Girons. Très vite, le pronostic vital est évoqué. Un an et demi plus tard, il re-rame au large d’Hossegor, casque sur la tête et nouvelle approche en poche : la quête d’une nouvelle identité de surfeur est lancée.
Accident cervical : le wipe-out qui a tout changé
Session glaciale, vagues d’1,20 m, eau à 5 °C : rien d’extrême pour « Duvi ». Dans un tube serré, sa tête heurte le fond. Pas de perte de connaissance, mais une double fracture C1-C2. Les médecins parlent de tétraplégie évitée de peu ; le Landais, lui, parle déjà résilience.

Chronologie express de la réadaptation
Lourde minerve, trois mois d’immobilisation, passage obligé par le CERS de Capbreton : chaque étape compose un défi personnel. La kiné alterne travail de mobilité et ré-apprentissage du canard. Entre deux séances, le surfeur visionne les conditions sur les webcams, gardant le mental vissé au line-up.
Réadaptation haute performance : du corset aux premiers take-off
Reprendre le surf après une lésion cervicale impose méthode et rigueur. Voici le protocole retenu par l’équipe pluridisciplinaire qui suit Vincent :
- Stabilisation osseuse : minerve thermoformée sur mesure pendant 12 semaines.
- Renforcement isométrique ciblé sur le cou et les épaules.
- Cardio low impact : rame sur ergomètre avant le retour piscine.
- Immersion contrôlée : bains successifs en eau plate, puis mousse, puis petite houle.
- Analyse vidéo pour corriger l’axe de la nuque au bottom turn.
Nouvelle identité de surfeur : matos, sécurité et vision du line-up
Le rider de Mimizan ne charge plus un slab sans penser à la rotation de sa tête. Planche, casque, routine yoga : tout a évolué. Le tableau ci-dessous récapitule l’avant/après.
| Élément | Avant accident | Après accident |
|---|---|---|
| Planche principale | 5’10 round pin 28 L | 6’0 swallow 31 L pour rame facile |
| Protection | Aucune | Casque léger + gilet impact |
| Échauffement | 10 min d’étirements rapides | 30 min de flow issu du yoga-surf |
| Lecture de vague | Prise de risque maximale | Priorité à l’angle d’attaque qui ménage la nuque |
Pour choisir ses nouvelles boards, il s’appuie sur le quiver détaillé chez les spécialistes matos d’Hossegor. Le casque, lui, s’est imposé dès les premiers droplines dans les shorebreaks landais.
« Out of Line » : le film qui documente la résilience landaise
Le réalisateur Pierre Fréchou immortalise la réadaptation de Vincent sur 37 minutes. Caméra embarquée lors des premières mousses, confidences post-séance, passage chez le kiné : le docu rassemble tout ce qui fait écho à la pasión pure. Sa sortie, au dernier Festival Quiksilver de Capbreton, a déclenché une standing ovation du crew local.
Ce que retient le line-up landais
1. Un casque n’enlève rien au style si le carving reste millimétré. 2. Les cervicales fragilisées n’empêchent pas d’envoyer un cut-back serré. 3. La communauté, du shaper au simple beachcomber, joue un rôle clé dans la reconstruction.
Pourquoi Vincent Duvignac porte-t-il désormais un casque ?
Après la fracture C1-C2, la protection crânienne réduit le risque d’impact direct et rappelle en permanence la fragilité de la zone cervicale.
Quels exercices aident à maintenir la mobilité du cou ?
Les rotations lentes, les étirements du trapèze et les exercices isométriques contre résistance élastique figurent dans sa routine quotidienne.
Le documentaire « Out of Line » est-il disponible en ligne ?
Une version courte est visible sur la chaîne YouTube d’Oxbow, tandis que la version intégrale tourne en festival avant une diffusion VOD prévue fin 2026.
Peut-on suivre un stage avec Vincent après son accident ?
Oui ; il encadre des clinics à Mimizan, où la sécurité, le choix du spot et la prise de conscience corporelle occupent une place centrale.

