Surfeur morbihannais et voyageur au long cours, Erwan Simon explore les spots méconnus tout en défendant les vagues de son littoral natal. À Saint-Pierre-Quiberon, son engagement a contribué à la création de la première réserve de vagues de France : une démarche qui place la préservation de l’océan au cœur de la culture surf.
Erwan Simon, surfeur-explorateur attaché à la Bretagne
Erwan Simon a appris à surfer à Fort-Bloqué, entre Guidel et Ploemeur, dans le Morbihan. Depuis plus de dix ans, il sillonne les côtes du monde à la recherche de vagues peu connues, une aventure racontée dans son ouvrage Surf Explore.
Ses expéditions l’ont conduit dans une soixantaine de pays, jusqu’à des destinations moins attendues comme le Kazakhstan. Pourtant, ce tour du monde ne l’a pas détourné de la Bretagne : la Côte Sauvage de Quiberon reste un point d’ancrage, et un terrain de jeu dont l’équilibre mérite d’être défendu.

Du Fort-Bloqué aux spots méconnus du globe
La trajectoire de Simon relie deux pratiques complémentaires : explorer de nouveaux breaks et observer ce qui rend chaque vague singulière. Un spot ne se résume pas à une belle droite ou à un pic bien calé ; il dépend aussi de la géographie côtière et des conditions qui permettent à la houle de déferler.
Cette expérience nourrit son regard de sentinelle. Pour les surfeurs, la disparition d’une vague n’est pas une abstraction : une construction ou une transformation du littoral peut modifier durablement un banc de sable ou l’accès à un spot.
La réserve de vagues de Saint-Pierre-Quiberon : protéger un spot breton
Avec l’association France Hydrodiversité et des scientifiques, Erwan Simon a participé à la création d’une réserve de vagues à Saint-Pierre-Quiberon, présentée comme la première initiative de ce type en France. Le projet vise à reconnaître la valeur d’un espace côtier et à mieux prendre en compte les conditions naturelles qui façonnent ses vagues.
Pour un surfeur qui découvre la Côte Sauvage, l’enjeu se lit dans le paysage : l’intérêt ne tient pas seulement à la session du jour, mais à la possibilité de retrouver ce même terrain de jeu demain. La réserve place ainsi la préservation au centre de la discussion sur les aménagements du littoral.
À quoi sert une réserve de vagues ?
Une réserve de vagues cherche à rendre visible un patrimoine souvent moins reconnu que les paysages terrestres ou la biodiversité. Elle encourage la concertation et une meilleure connaissance des zones où la houle, les fonds et la côte s’accordent pour produire un déferlement apprécié des pratiquants.
Cette démarche ne remplace pas la réglementation environnementale ni la vigilance sur le terrain. Elle donne plutôt un cadre pour parler de surveillance, d’écologie marine et de décisions d’aménagement avant qu’un spot ne soit altéré.
| Repère | Ce qu’il indique |
|---|---|
| Fort-Bloqué | Le lieu du Morbihan où Erwan Simon a appris à surfer. |
| Une soixantaine de pays | L’ampleur de ses explorations à la recherche de vagues. |
| Saint-Pierre-Quiberon | Le site de la première réserve de vagues de France, à l’initiative de l’association France Hydrodiversité et de ses partenaires scientifiques. |
| Surf Explore | Le livre dans lequel il relate ses voyages et ses découvertes. |
Surveillance du littoral et écologie marine : les réflexes des surfeurs
Les pratiquants connaissent souvent leur spot au fil des sessions : évolution d’un banc, changement d’accès ou présence de déchets après une forte houle. Ces observations ne remplacent pas le suivi scientifique, mais elles peuvent contribuer à documenter les transformations et à faire remonter des alertes pertinentes.
Pour garder le bon cap, quelques gestes simples relient pratique du surf et respect de l’océan :
- Observer le spot dans la durée et signaler les changements inhabituels du rivage ou des accès.
- Respecter les milieux côtiers, en restant sur les passages aménagés et en évitant de dégrader dunes et végétation.
- Participer aux échanges locaux lorsque des projets risquent de modifier le littoral ou les conditions de houle.
- Partager les règles de sécurité et les informations utiles avec les autres surfeurs, surtout sur une côte exposée comme celle de Quiberon.
La force d’une sentinelle, c’est aussi de transmettre : les vagues restent un bien commun lorsque les usagers, les scientifiques et les acteurs du territoire dialoguent.
Erwan Simon, une voix pour la préservation des vagues bretonnes
Le parcours d’Erwan Simon montre qu’exploration et attachement local ne se contredisent pas. Avoir surfé dans des pays nombreux éclaire aussi la fragilité des spots : certaines vagues remarquables, une fois transformées par l’activité humaine, ne retrouvent pas leur configuration d’origine.
En Bretagne, son engagement ramène donc la discussion à une question concrète : comment préserver les conditions qui font vivre un spot, sans réduire la côte à son seul usage sportif ? Pour la communauté surf, la réponse passe par la connaissance du milieu, le dialogue et une attention constante à l’océan.
Qui est Erwan Simon ?
Erwan Simon est un surfeur morbihannais et explorateur. Il a découvert le surf à Fort-Bloqué, parcouru une soixantaine de pays et raconté ses aventures dans Surf Explore.
Où se trouve la réserve de vagues créée avec son association ?
Elle se situe à Saint-Pierre-Quiberon, sur le littoral du Morbihan. L’initiative, portée avec France Hydrodiversité et des scientifiques, est présentée comme la première réserve de vagues de France.
Quel est l’objectif d’une réserve de vagues ?
Elle vise à reconnaître la valeur d’un spot et à encourager la prise en compte des conditions naturelles qui produisent ses vagues, notamment dans les discussions sur l’aménagement du littoral.
Dans quel livre Erwan Simon raconte-t-il ses explorations ?
Il relate ses voyages et ses découvertes dans Surf Explore.

